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Commentaires

On Grogne (ou pas)
De qui se moque-t-on ?
Écrit par Vinz & Alice   
19-10-2007
Ahhh, de quoi gueuler un coup ... pour de vrai. En tant que stagiaire et ancien stagiaire, on se tient un peu courant des débats actuels sur la rémunération de cette catégorie socio-professionnelle souvent enculée à sec avec du gravier lésée.
 
De notre côté, nous n'avons jamais vraiment eu à nous plaindre. Enfin à peu près. Récapitulons ...
Alice :
  • un stage ouvrier dans le cadre de l'UTT, durée 1 mois, rémunéré 300€
  • un stage ingé à la RATP, durée 6 mois, rémunéré 500€/mois environ + carte de transport
Vinz :
  • un stage technicien chez Force One Racing dans le cadre du DUT, durée 4 mois, rémunéré 150€/mois + très gros avantages en nature : voyages, milieu de la compétition ... etc.
  • un stage ingé chez TRW, durée 6 mois, rémunéré 330€/mois (30% SMIC donc) + remboursement de TOUS les frais (bouffe, déplacement, essence, etc.)
  • un stage ingé à la SNCF, durée 7 mois, rémunéré 800€/mois + carte de transport 1ère classe ...
Vous pouvez le constater, on n'est vraiment pas à plaindre !!! Et dîtes-vous bien qu'à l'UTT, nous ne sommes pas les "meilleurs", c'est à dire que certains stagiaires UTT, pris dans des boîtes comme Total, Valéo ou encore Renault, sont un poil mieux payés, parfois même le SMIC. 
La situation des écoles d'ingénieur n'est donc pas "dégueulasse".
 
Sauf qu'on connaît aussi pas mal de monde dans la mode, dans le droit, dans plein d'autres formations où les stages sont légion, et où l'exploitation est de rigueur
Et ça nous énerve, c'est dégueulasse, c'est de l'exploitation pure et simple de talents en devenir à moindres frais ...
Le patron ne paye rien, pas ou peu de charges s'il paye moins de 30% du SMIC ... et en contrepartie il exploite gentiment le sous-fifre, qui préfère souvent se taire plutôt que d'aller se plaindre contre ses conditions de travail.
Loin de nous l'idée d'être gauchistes ou extrêmistes sur les bords, il faut juste bien se rendre compte qu'il existe des entreprises qui ne fonctionnent que grâce à l'exploitation abusive des stagiaires
 
C'est là qu'intervient notre "cheeeeer" ministre du Travail ... j'ai nommé Xavier Bertrand ... qui avait promis une rémunération des stagiaires à la hauteur, avec projet de loi, décrets d'application et un cadre strict !
Hier, il y avait donc une réunion de travail ... et voilà ce qui en est ressorti.
  • la rémunération des stagiaires devient OBLIGATOIRE à partir du 1er jour du 4ème mois !!! = avant, on peut ne PAS payer ses stagiaires ! Quand on sait que les stages durent en général 3 mois ... voire moins ... ça laisse rêveur sur les possibilités des entreprises de bien enfler leurs employés temporaires !
  • cette "gratification" sera de 380€ ... Et là franchement, vous êtes d'accord, c'est carrément la panacée quoi, le truc de FOU ! Je veux dire, dans n'importe quelle ville française, avec 380€, t'es clairement le roi du pétrole ... Sérieusement, il se fout de la gueule de QUI le Ministre là ? Il a été stagiaire un jour ou bien ?
A côté de ça, on nous déclare que ce projet n'est qu'à ses débuts ... Sérieux ? aaaah bah on est rassurés hein ! D'autres propositions sont prévues sous quinze jours, on les attend de pied ferme !
 
Et on espère que ça va bouger pour de vrai, et que cette situation d'abus permanent disparaisse ! Et surtout, que disparaisse cette notion comme quoi c'est une CHANCE pour un stagiaire que d'être pris en entreprise ... 
 
C'est bien l'inverse qui est vrai pour la plupart des entreprises ... main d'oeuvre peu chère et motivée, peu regardante sur le droit du travail, souvent qualifiée et facilement adaptable ...
 
Bref. Faut que ça change ! Et monsieur le Ministre ... négociez un peu ... ça vous changera. 
 
Ode à la Vie et à l'Amour
Écrit par Vinz   
26-09-2007
Je voudrais revenir, rapidement, sur les décès ces jours-ci de Maïa Simon et de Dorine et André Gorz ... Je ne reviendrai pas sur leurs carrières respectives, sur l'immense respect qu'elles inspirent ... je tiens par contre à insister sur leur dernière bravade face à la Mort, ce dernier geste, le suicide.
 
Car il s'agit bien de cela ... mais là où le suicide est souvent considéré comme une preuve de faiblesse, de désespoir extrême ... j'ai envie de croire que pour ces trois personnes, on touche à la plus grande des forces : celle de choisir le moment exact de sa mort, et surtout celle de la prendre soi-même à bras le corps.
 
On a tout d'abord le cas de Maïa Simon, atteinte d'un cancer incurable, qui a finalement choisir de s'expatrier en Suisse pour bénéficier de ce qu'on appelle dignement là bas d'une fin de vie médicalement assistée, grâce à ce qu'on peut qualifier de loi de liberté. La liberté de mourir, de choisir, de finir sa vie comme on le veut, car on sait qu'on est de toute manière condamné à rencontrer la Grande Faucheuse.
Maïa Simon a fait ce choix, choquant ainsi un pays au moyen d'une interview diffusée post-mortem mais aussi grâce à son message à notre président, post-mortem lui aussi.
Comme elle le dit : "J'ai eu le temps, pendant cette longue maladie, de sentir la dégradation de mon corps (...) et je sens que j'arrive à la limite. Au lieu d'attendre la mort de manière passive et comme j'ai encore de l'énergie, j'organise mon dernier voyage avec ma famille et mes amis" .
 
Bien qu'il ait de nombreux défauts, je souhaite que ce cher petit Nicolas entende le message de Vie qui est implicite au départ de Maïa Simon, du moins est-ce ainsi que je l'interprète : un dernier geste, décidé, choisi, motivé ... 
Ce souhait est motivé, car la fin de vie d'un patient, j'y ai été confronté il y a quelques mois. J'ai vu la fin, passive et sans dignité ... et je sais qu'il a souffert d'être vu ainsi.
Il, c'est mon père, vous le savez je pense à force de me lire.
Il, c'était tout sauf la passivité, et si la possibilité lui avait été donnée, il aurait choisi cette voie, après Noël, une voie franche et directe, comme lui.
Plutôt que de choisir d'arrêter la dialyse afin de partir plus vite, sans succès. La douleur de son absence n'en serait pas moins grande, ni plus d'ailleurs, mais cela aurait été tellement mieux pour lui.
Vous allez dire que je parle à sa place ... mais si je me le permets, c'est aussi parce que j'en ai parlé avec lui. Et aussi qu'il en avait beaucoup parlé avec sa femme, ma mère, et de toutes les possibilités qu'ils avaient envisagées. 
 
Ce qui m'amène au suicide des époux Gorz ... lui le grand penseur, le philosophe ... elle, sa muse, son amour d'une vie ... Elle était atteinte d'une maladie évolutive, dégénérative forcément. On ne saura sûrement jamais ce qu'ils se sont dit, mais ils ont choisi de partir ensemble, allongés côte à côte, dernier voyage et toujours liés par l'Amour.
Je cite André Gorz : "Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien."
Tant d'amour après toutes ces années, et ce choix d'en terminer ensemble ... Désolé mais j'en pleure.
Je souhaite pouvoir faire ce choix, moi aussi. En avoir le courage, la capacité. Face à l'horrible vérité qu'est la mort imminente, agir plutôt que subir, se lier une dernière fois, partir ensemble.
 
Voilà, sujet grave et triste ... mais si je vous ai parlé de suicide, je voulais surtout vous dire que ce que j'ai vu dans ces trois départs, c'est avant tout de la Vie et de l'Amour.
 
Le son d'une cloche
Écrit par Alice   
31-08-2007

 Donc, voici rapidement mon son de cloche sur le Vélib. (Présentation très cartésienne, ou la Redoutienne, au choix) !

Avantages :

  • pas besoin d’en acheter un pour soi,
  • donne un peu d’autonomie (pas d’attente, on va où on veut…),
  • on a pas à s’inquiéter du devenir du vélo un fois sur la borne (un tracas de plus en moins),
  • prix très raisonnable,
  • réseau très bien desservi,
  • conduite plutôt agréable,
  • hotline pratique, accessible facilement et à toute heure (ou presque),
  • permet de profiter du paysage parisien, qu’en métro on ne voit pas souvent …

Inconvénients :

  • parfois il n’y as pas la place de la garer une fois arrivé à destination. Ce qui parfois peut amener à tourner en rond dans le quartier pendant une heure pour trouver une place,
  • le matériel s’use vite (par exemple le petit panier devant est de piètre qualité), je demande à voir l’évolution par la suite …
  • on ne peut pas le prendre n’importe quand (à cause de cette pluie constante … mais je triche c’est pas un défaut de vélib),
  • dommage qu’il n’y en ait pas des électriques ça m’aurait encore plus intéressée !

Je crois qu’au vu de tous ces éléments on peut facilement dire qu’il y a plus d’avantages que d’inconvénients à mon goût ! Maintenant il ne reste plus qu’à se motiver, se bouger un peu le popotin et de le prendre un peu plus souvent !

 
Vélibeautemps !
Écrit par Vinz   
29-08-2007
Dans la série je racontre ma laïfe, je ne sais pas si vous avez remarqué que ces derniers jours, mais il fait beau. Je ne parle pas bien sûr des gens du sud qui me lisent et qui ne comprendront pas ma soif de soleil après ce que je peux appeller très honnêtement l'été le plus pourri de ma vie, rien que ça.
 
Non. Là, je parle de Paris (pfff encore, il nous saoûle lui avec Paris) ... Car le temps est radieux, quoique un peu frais le matin ... mais je chipote.
 
Tout ça pour dire que je n'ai rien de spécial à dire, pas de coup de gueule, rien. Aujourd'hui, tout va bien, j'ai pu prendre mon Vélib' ce matin, pour le troisième jour consécutif cette semaine pour m'en aller travailler. Franchement, la bicyclette, ça me change la vie et ça me met plutôt de bonne humeur dès le matin, un luxe dans cette ville de fous.
 
Parce que, franchement, vous pensez que vous pouvez être de bonne humeur après un trajet de RER ou de métro ? Il fait chaud, vous transpirez alors qu'il est même pas 8h, les gens font la gueule, ils puent, bref c'est la totale frénisie des sourires !

Alors qu'en Vélib' (en vélo normal ça doit faire le même effet hein), à 7h50 dans les rues de Paris, c'est un vrai pied (ou une vraie pédale, au choix). Cela fait donc 3 matins de suite que j'enfourche mon bolide ... et en gros mon début de matinée, il ressemble à ça : 
  • réveil entre 7h10 et 7h20 ...
  • passage par la salle de bain et mettage de sous-vêtements et pantalon ...
  • petit-déjeuner après avoir gratouillé, poupouillé et embêté légèrement l'animal à fourrure qui se balade dans la cuisine ...
  • mettage du haut, remplissage de poches avec clés, cartes et tél portable (en attendant que je me trouve une petite pochette qui me fasse craquer)
  • hop, descente discrète des 5 étages, je fais 10m et je suis à ma borne de vélos ...
  • rapide check-point : pneus, chaîne, selle, serrage du guidon (j'en ai eu un desserré une fois, ce n'est pas très "drôle")
  • hop ! le bidule est débloqué d'une pression sur le petit bouton, il est 7h40 environ ...
Et c'est là que commence véritablement ma mise de bonne humeur ...
  • je remonte la rue des 4 fils, souvent humide, il fait frais, le vent souffle légèrement ... du coup on se réveille avec la sensation d'être lavé avec Mir Laine (je sais, ça fait rêver)
  • ensuite on passe rue des Archives, on continue encore tout droit pour arriver à Rambuteau, on aperçoit Beaubourg et ses cheminées à 50m et on s'engage dans la rue aux Ours ... personne, pas de bus, peu de voitures, un ou deux vélos ... l'heure idéale pour pédaler !
  • après ça devient un peu plus physique, c'est le moment de l'éveil du corps et de l'effort matinal, c'est sain ! On remonte la rue Etienne Marcel, on zieute les boutiques au passage ... jusqu'à l'arrivée Place des Victoires
  • c'est ensuite la rue des Petits Champs, l'entrée dans le quartier japonais en quelque sorte, avec la trouvaille d'une boutique de cosmétiques bio ... le tout en descente, pour se relaxer après la légère montée !
  • et enfin, fin du réveil avec le passage sur la place de l'Opéra, la traversée du Bvd Haussmann et enfin le point de vue sur la Trinité ...
  • il est temps de faire un ultime effort pour réveiller la machine : la remontée de la rue de Londres !

Voilà. Je suis au boulot, corps chaud, éveillé, le sourire vissé aux lèvres. Il fait beau et la vie est belle.
 
Ah. Si tout pouvait être aussi simple tout le temps ... je crois que je ne m'en lasserais pas ! 
 
Et vous, c'est quoi votre bidule qui vous met de bonne humeur le matin ? 
 
Et l'Inquisition dans tout ça ?
Écrit par Vinz   
28-08-2007
Comme ça fait longtemps (je plaisante) que je ne vous ai pas rebattu les oreilles avec des considérations religieuses, je me lance à nouveau dans une belle diatribe contre ces couillons du Vatican.
 
La source de mon mécontentement est liée à l'Italie ... J'ai beau adorer ce pays, sa culture, son art, sa gastronomie, apprécier la plupart de ses habitants, et souhaiter y avoir une maison de campagne un jour ... Il y a UN point sur lequel je crois que les italiens et moi ne seront jamais d'accord : la RELIGION et la pseudo-morale judéo-chrétienne à la noix. 
 
Premier fait : le battage médiatique dont nous avons été gratifiés au moment de l'interpellation et de la condamnation d'un couple d'homosexuels pour s'être embrassés en public, non loin du Colysée il me semble. Bon, il paraîtrait que l'embrassade était un poil chaude ... Mais bon, que dire alors de toutes les "midinettes avec les jupes ras la foufounette" qui se baladent dans toutes les villes d'Europe et du Monde (à part dans les pays où les fantômes noirs n'ont pas d'autre choix que d'être des fantômes noirs, mais ceci est un autre débat) ? C'est pas chaud ce genre de poufs qui déballe son matos devant tout le monde ? (cf. le dernier article de Ra7or , génial).
Suite donc à cette interpellation, on a eu droit en Italie a un beau branle-bas de combat entre les laïques (enfin les modérés et progressistes quoi) et les radicaux catholiques ... En gros le débat se résume à : doit-on laisser des zhomos se rouler des galoches dans la rue devant tout le monde ? Est-ce bien moral ?
Je ne vous rappellerai pas la position de l'Eglise quant à l'homosexualité ... n'est ce pas ? ... ni le sort qu'elle a réservé aux zhomos donc pendant de nombreux siècles. Et après que ça vient nous parler de tolérance, de normalité, de bonté, de charité ... No comment.
 
Second fait : un terrible accident lié à l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) a été révélé il y a peu, relançant le débat jamais clos de l'avortement. Une femme, enceinte de jumeaux, l'un sain, l'autre trisomique (la 21 = viable) a fait pratiquer une forme d'IVG sur l'un des foetus. Sauf que celui qui a été "supprimé" était le "sain" ... Grosse boulette, quoi ...
Et voilà, hop. Le débat sur l'IVG est rouvert, alors que la loi italienne est plutôt "sage" : pas d'IVG après 3 mois, sauf cas extrêmes du type vie de la mère en danger ou viabilité du foetus ...  D'un côté on a la ministre italienne de la santé et les progressistes qui prônent bien entendu le maintien de cette loi datant de 1978. Et de l'autre côté, on a les petits marrants du Vatican et les politiques radicaux qui nous sortent, je cite : 
  • "Aucun homme n'a le droit de supprimer une autre vie, aucun homme n'a le droit de se substituer à Dieu. Sous aucun motif. Et pourtant, des innocents continuent à mourir"
  • "c'est l'eugénisme qui impose ses lois, c'est la culture de la perfection qui impose d'exclure tout ce qui ne semble pas beau, resplendissant, positif, enjôleur"
  • "le moment est venu de revoir la loi sur l'avortement"
Trop la classe quoi. Ce à quoi je répondrai :
  • Bon, alors. Les inquisiteurs des papes précédents, pendant de nombreux siècles ... ils ont fait quoi, si ce n'est se substituer à "dieu" en jugeant, en brûlant, en détruisant la pensée "autre" ? N'étaient-ils pas innocents tous ceux qui ont fini sur des bûchers ?
  • Euh, comment dire, pareil quoi. Les zhomos, les femmes libres, les enfants "différents" ... qui ont tous été chassés, tués, massacrés ou noyés par des populations tout à fait catholiques ... euh ... ce n'était pas une sorte de culte du "normal" prôné par le clergé ?
  • Bref, en clair, pour réagir à cette dernière phrase sortie de la bouche d'une femme ... NON il n'est pas temps de revoir les lois sur l'avortement, et OUI il est temps de foutre la religion chrétienne et sa morale étouffante et décatie aux oubliettes de l'humanité.
 
Sans toutefois oublier les erreurs qui ont été commises, et en tirer des leçons. Chose qu'à priori le Vatican a du mal à faire, puisqu'il se permet de juger, sans avoir fait le ménage des placards qu'il stocke dans ses placards.
 
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